L’exposition Les Monstrueuses — carte blanche donnée au créateur suisse Kévin Germanier par le Mudac à Lausanne — investit 300 m² pour offrir un parcours immersif et singulier.
Kévin Germanier par GEP Arts appliqués
À travers des pièces iconiques, des objets de collaboration et des créations inédites, l’exposition révèle l’identité de Kévin Germanier : audace, pluralité et regard optimiste.
Loin d’une rétrospective classique, l’accent est mis sur les préoccupations contemporaines du créateur : récupération de matières inutilisées, perles abandonnées, tissus délaissés, l’upcycling devient une esthétique.
Kévin Germanier ne passe pas simplement par le vêtement ; il redéfinit le luxe comme acte responsable. Ses robes, sacs et accessoires naissent d’un dialogue entre savoir-faire traditionnel (notamment du tricot, hérité de ses racines valaisannes) et design contemporain.
On y découvre aussi des collaborations audacieuses, objets métamorphosés, réinterprétations de matériaux du quotidien, pièces qui interrogent la notion de couture et d’artisanat.
En tant que professeur d’art appliqué et d’histoire du design, je trouve cette exposition stimulante : elle pose la question du rôle du designer aujourd’hui, entre création, responsabilité sociale et portée culturelle.
Elle rappelle aussi que la mode, comme le design, n’est pas qu’une affaire d’apparence, mais un langage visuel capable de susciter réflexion, engagement et réinvention.
Pour nos élèves, c’est un formidable exemple : innover tout en respectant l’environnement et les techniques artisanales, un pont entre tradition et modernité, pratique et poésie.


